FAQ

 

Le terme de pureté n’est pas forcément approprié pour qualifier l’eau de nos ruisseaux. Une eau dite pure possède une faible teneur en composants chimiques ou bactériologiques, ce qui ne signifie pas qu’elle soit de bonne qualité pour le milieu et les espèces qui y vivent ! On l’utilise davantage pour qualifier les eaux de consommation. Néanmoins, la qualité de l’eau est en effet plutôt bonne si l’on compare à d’autres zones en aval, mais elle n’est pas satisfaisante car nous sommes dans une zone de sources, la qualité devrait donc être excellente d’un point de vue physico-chimique. A titre d’exemple, plusieurs plans d’eau créés pour la baignade sont fermés pour des raisons bactériologiques, preuve d’un déséquilibre.

 

Pas de pression industrielle ici, mais l’ensemble des activités humaines et économiques peut avoir un impact sur la qualité de l’eau, du fait notamment de la forte densité du réseau hydrographique (1,93 km de cours d’eau/km² sur le bassin versant du Chavanon contre 1,03 km/km² sur le bassin Adour-Garonne). C’est l’effet cumulé de ces petites perturbations qui explique la dégradation croissante de la qualité de l’eau sur ce territoire : piétinement intempestif des berges par le bétail, présence d’étangs en chapelet, coupes forestières à blanc, nombreux ouvrages hydrauliques, systèmes d’assainissement non conformes… Tout le monde a donc un rôle à jouer dans la reconquête de la qualité de l’eau et des milieux.

 

La préservation de l’eau, c’est aussi un secteur économique et une source d’argent qui est directement utilisée sur le territoire pour financer de l’animation, des chantiers, des études, des mesures, de la sensibilisation… autant d’actions qui emploient des personnes. Par ailleurs, une eau de bonne qualité, c’est aussi moins de traitement pour l’eau à boire, des eaux de baignade propres, de l’eau de bonne qualité pour le bétail… Tout le monde y gagne !  

 

Nous comparons souvent ce territoire à un véritable château d’eau mais en réalité cette eau n’est que très partiellement stockée en raison de la nature granitique du sous sol (nappes peu profondes et de faible capacité). Nombreuses communes rencontrent des soucis au niveau de la quantité et de la qualité sur les captages servant à l’alimentation en eau potable. Donc le premier geste c’est d’économiser ! Ensuite, il faut évidemment éviter de polluer, donc d’utiliser des produits chimiques dangereux pour le ménage et le jardinage.

Les systèmes d’assainissement individuels doivent obligatoirement être contrôlés. Si cela n’est pas encore le cas, contactez le SPANC (Service public d’assainissement non collectif) de votre communauté de communes.

La prolifération de cyanobactéries est liée à un excès de nutriments. Il faut évidemment limiter les intrants en amont, mais il existe également des méthodes de gestion d’étangs qui permettent de limiter la prolifération de cyanobactéries et de manière générale, la dégradation du milieu aval. Tout d’abord, il est conseillé d’entretenir régulièrement un étang en le vidangeant en moyenne tous les 3 ans, avec éventuellement la mise en place d’un assec afin de permettre de minéraliser les vases, ce qui permet d’emprisonner les nutriments. De plus, la gestion piscicole de la retenue c’est-à-dire le choix des espèces, leur densité et les pratiques exercées (amorçage par exemple) doivent être réfléchies en prenant en compte le contexte local. Par exemple, la pêche à la Carpe se développe de plus en plus alors que cette espèce n’est pas naturellement présente sur le territoire. Ce poisson fouisseur, peu sensible à la dégradation de la qualité de l’eau, peut empirer la situation en remettant en suspension les sédiments dans l’eau !

Les zones humides jouent le rôle d’éponge ; elles absorbent l’eau en période de crue, et la restituent en période de sécheresse. Il est essentiel de les préserver car elles régulent les cours d’eau, et sont notamment très utiles pour les agriculteurs car elles forment un pâturage intéressant les années critiques (lire à ce sujet le portrait d’Eric Jarasse). Elles ont aussi un rôle d’épuration intéressant. Le Conservatoire d’Espaces Naturels d’Auvergne propose un accompagnement technique et gratuit à tout propriétaire ou gestionnaire de zones humides.

Les propriétaires riverains ont le devoir d’entretenir les berges et la ripisylve. En cas de manquement à cette obligation, la collectivité peut se substituer aux propriétaires. L’eau du cours d’eau, en revanche, est à tout le monde. Quant au fond du lit, il appartient aux deux propriétaires pour moitié. Donc, sur un cours d’eau situé en terrain privé, l’activité de pêche constitue un droit de passage.

La ripisylve est la végétation présente sur les berges des cours d’eau. Elle joue un rôle essentiel de protection des milieux aquatiques. En effet, une ripisylve saine et adaptée est variée, pour accueillir diverses espèces, et elle a des racines qui stabilisent bien les berges. Le rôle de cette végétation est aussi d’offrir les zones d’ombre et de cache pour les poissons et d’influer sur la température de l’eau. Ainsi, les résineux ne sont pas adaptés, ce qui crée des perturbations : leur système racinaire traçant n’assurent pas la stabilité des berges et leurs aiguilles ralentissent la dégradation de la litière.

Autrefois, les animaux s’abreuvaient directement à la rivière, mais il s’agissait essentiellement de petits troupeaux de moutons disséminés. Aujourd’hui, avec de gros troupeaux de bovins, concentrés à certains endroits, l’impact est bien plus important ! Les vaches déstabilisent les berges, apportent de la terre et participent ainsi au colmatage du lit  du cours d’eau. Elles peuvent également détruire des zones d’habitat et de reproduction pour certaines espèces aquatiques par l’effet direct du piétinement. Enfin, les animaux en faisant leurs besoins dans l’eau contribuent à dégrader la qualité de cette ressource. De ce fait, boire directement à la rivière n’est pas bon pour les bêtes, cela peut leur apporter des problèmes sanitaires.

Il existe plusieurs systèmes d’abreuvement : la descente aménagée, le passage à gué, la pompe à museau, l’abreuvoir gravitaire, le bélier hydraulique. Toutes les techniques ne sont pas adaptées à toutes les situations. Il est essentiel de bien cerner les besoins de l’exploitant, les limites parcellaires ou la création d’éventuels îlots, la topographie du site, les conditions hydrologiques du cours d’eau ou encore la présence de zones humides avant d’engager un chantier. Pour assurer l’efficience du système et obliger les bêtes à utiliser l’abreuvoir, il est impératif que le reste du cours d’eau soit protégé par des clôtures. Un conseil technique peut donc vous être apporté si vous avez ce type de projet (voir partie A qui dois-je m’adresser?).

La continuité écologique, pour les milieux aquatiques, se définit par la libre circulation des espèces aquatiques et le bon déroulement du transport des sédiments. On parle de la continuité écologique en amont-aval, qui peut être empêchée par les seuils et barrages, et de la continuité écologique latérale, qui peut être empêchée par les digues ou les protections de berges. Sur le bassin du Chavanon, la réglementation interdit la construction de nouveaux ouvrages sur certains cours d’eau (cf. www.legifrance.gouv.fr) et oblige à rendre franchissable certains ouvrages (cf. www.legifrance.gouv.fr).

Les moulins et les seuils peuvent, dans certains cas, constituer des obstacles à la continuité écologique, c’est-à-dire qu’ils empêchent certaines espèces de satisfaire leur cycle biologique, par exemple les truites ont besoin de se déplacer vers l’amont pour se reproduire. De plus, ils empêchent des populations de se rencontrer et contribuent de ce fait à leur appauvrissement génétique (consanguinité). Enfin, certains ouvrages stockent les sédiments et empêchent leur déplacement vers l’aval. Mais l’on peut concilier le respect du patrimoine et la sauvegarde de l’environnement, il ne s’agit en aucun cas de tout araser !

La réglementation impose de trouver une solution pour permettre de restaurer la continuité écologique à certains endroits où elle est empêchée par un ouvrage. La passe à poissons est une solution envisageable mais pas la seule. Avant tout projet, il est essentiel de s’interroger sur l’usage de cet ouvrage. On peut aussi effacer les seuils qui ne sont plus utiles et sans valeur patrimoniale ou créer une dérivation par exemple. Un accompagnement technique peut vous être proposé si vous êtes propriétaire d’un ouvrage.

On recense environ 220 étangs sur le bassin versant. Toutes les retenues du territoire sont artificielles et servent pour le tourisme, le développement de piscicultures, l’agrément ou l’irrigation. 80 % des étangs actuels ont été créés dans les années 70-80 ! Cette explosion de retenues sur une zone de cours d’eau fraîche, dynamique et riche en oxygène, a créé de nouveaux obstacles et des déséquilibres physico-chimiques telle l’élévation de la température de l’eau, ce qui met en péril le cycle biologique d’espèces autochtones comme la truite fario (son développement s’arrête au-dessus de 18°C). De plus, dans ces étangs ont été introduites des espèces comme les écrevisses américaines ou les carpes, brêmes et chevesnes, qui concurrencent les espèces naturellement présentes. Enfin, les vidanges mal gérées entraînent des problèmes de colmatage. Il est donc important en tant que propriétaire, d’assurer la bonne gestion de sa retenue.

Il est effectivement possible de bénéficier d’un accompagnement technique et financier pour réduire l’impact du plan d’eau. Les subventions (taux d’aides) dépendront principalement du secteur géographique, de l’existence légale de l’ouvrage, de sa conformité, de la nature du projet… A titre d’exemple, il est possible d’obtenir de 80% à 100% d’aides dans le cas d’un effacement d’étang ainsi qu’un accompagnement technique pour la bonne conduite du projet.

Les coupes forestières peuvent avoir un impact lorsque des engins franchissent des cours d’eau, lorsqu’elles mettent à nu des terrains (érosion des sols), lorsque les exploitants ouvrent des pistes forestières ou rejettent des hydrocarbures. La replantation, quand elle induit des travaux préalables du sol (dessouchage, sous-solage), a également un impact sur le milieu aquatique.

La Moule perlière est une espèce très rare puisqu’environ 90% d’entre elles ont disparu en France depuis le début du XXième siècle. 80 cours d’eau abritent encore ce mollusque que l’on appelle aussi la mulette, dont 59 rivières appartiennent au Massif Central et au Massif du Morvan. Le bassin versant du Chavanon accueille environ 1/3 des moules perlières recensées en Limousin. Notre territoire a donc une forte responsabilité de préservation de cette espèce à l’échelle nationale ! De manière générale, cette espèce ne vit que dans des eaux de bonne qualité physico-chimique, elle est à ce titre considérée comme indicatrice de la qualité du milieu. Or les populations diminuent et vieillissent (aucun jeune observé) car la qualité de l’eau et de son habitat diminue. Il faut inverser la tendance !

Vous pouvez pêcher des écrevisses si vous êtes titulaire d’une carte de pêche. Sur le bassin versant, on estime qu’il y a 3 espèces d’écrevisses : deux invasives, l’écrevisse signal de Californie (Pacifastacus leniusculus) et une protégée, l’écrevisse à pattes blanches (Austropotamobius pallipes). Seules les espèces invasives sont capturables. La pêche est autorisée pendant les dates d’ouverture de la truite en 1ère catégorie (2ème samedi de mars au 3ème dimanche de septembre). Il est interdit de les relâcher ou de les introduire dans un autre milieu. La pêche se fait à la balance avec 6 balances autorisées par titulaire de carte. Le diamètre doit être au maximum de 30 cm. La taille des mailles doit être au minimum de 10 mm. Il est très difficile de contenir et de diminuer les populations d’écrevisses invasives. Quant à l’espèce à pieds blancs, si vous la repérez, prévenez le Parc de l’endroit où vous l’avez vue.

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